Q & A

En 7000 ans d’agriculture, l’humanité à désertifié 2 milliards d’hectares, dont un milliard au XXème
siècle. Cela signifie que l’agriculture traditionnelle tant décriée par de nombreux agronomes a détruit les
sols 70 fois plus lentement que l’agriculture conventionnelle.
Ce que propose la permaculture c’est de recréer un espace équilibré, comme ont su faire les
agricultures traditionnelles, mais avec en plus le développement d’une agriculture durable non
destructrice des sols. Nous ne pouvons pas oublier que c’est l’équilibre agro-sylvo-pastoral villageois qui
a permis à l’Europe au XVIIème siècle de sortir des cycles de famines dus au système déséquilibré de
jachère et de vaine pâture.
Il nous faut maintenant aller plus loin que les systèmes traditionnels basés sur l’empirisme et étudier afin
de les appliquer les lois fondamentales et universelles du fonctionnement des sols. Or une de ces lois
fondamentales est de ne jamais laisser le sol nu et une deuxième loi est de ne jamais labourer
profondément les sols. Ce sont justement ces deux lois fondamentales que la permaculture permet de
respecter. Le principe de celle-ci est de se rapprocher le plus près possible de la complexité des
écosystèmes naturels. L’agriculture conventionnelle simplifie à outrance l’écosystème sol-plante, en
transformant le sol en simple support des engrais et en remplaçant les complexes associations et
rotation traditionnelles par la seule monoculture. À l’inverse, la permaculture non seulement respecte
les interactions complexes qui unissent le sol, les microbes, les plantes, les animaux et l’homme, mais
en plus elle les développe et s’en sert pour créer un milieu équilibré.
Alors que l’agriculture conventionnelle est devenue une pétroculture puisqu’elle consomme 9 calories
fossiles pour produire 1 calorie agricole, la permaculture développe les énergies renouvelables, les
amendements et les composts afin que ce soit le sol qui produise nos aliments, et non le pétrole.

La permaculture est une méthode de conception destinée à la création d’environnement humain
soutenable. Le mot « permaculture »  est né de la contraction des termes « permanent » et
« agriculture », mais aussi de l’expression « culture de la permanence ». Elle vise à développer une
culture pérenne, laquelle requiert notamment une agriculture soutenable et un usage éthique des
terres. Sous certains aspects, la permaculture s’occupe de plantes, d’animaux, de constructions et
d’infrastructures pour l’eau, l’énergie et les communications. Cependant elle ne s’intéresse pas tant à
ces éléments en tant que tels, qu’aux relations qui peuvent être établies entre eux et à la manière de
les organiser sur le terrain.

L’agriculture et le climat sont intimement liés et interdépendants. L’agriculture est ainsi triplement
concernée par le phénomène actuel du réchauffement climatique, alors qu’elle devra fournir un effort
considérable pour augmenter de 70 % sa production dans les prochaines décennies, pour faire face à la
hausse de la population (nous devrions être plus que 9,5 milliards en 2050) et à celle des classes
moyennes, qui se mettent à consommer de façon immodérée les produits animaux (viande, laitages et
œufs). En fait, l’agriculture en est tout à la fois :
1. VICTIME : c’est une des activités humaines qui va le plus souffrir des effets du réchauffement,
lequel compromettra gravement son développement dans de nombreuses régions du monde.
2. CAUSE : elle est un des acteurs majeurs de ce réchauffement, car elle émet dans sa forme
conventionnelle à elle seule entre 20 et 25 % des gaz à effet de serre d’origine humaine.
3. SOLUTION : elle détient un des seuls outils disponibles pour contribuer à résoudre le
problème, la réduction de la teneur en gaz carbonique via sa fixation dans les arbres et le sol.
C’est ici que la permaculture intervient. La permaculture a pour objectif de maintenir la santé des sols
et ainsi la fertilité et les rendements. Pour ce faire, en plus du non labour qui oxyde les sols, on
recherche à augmenter le taux de matières organiques dans le sol.
Augmenter de 1% à 4% le taux de matières organiques retirerait de l’atmosphère plus de 5600 tonnes
d’oxyde de carbone par hectare. Si l’on augmente d’environ 30 cm la couche supérieure du sol, ou
comme il est possible de le faire sous le couvert des cultures ligneuses (agroforesterie), sur une épaisseur
de 3m, cela enlèverait des quantités astronomiques de carbone de l’atmosphère. Ainsi, mettre en
pratique les techniques permaculturelles permet de sortir du cercle vicieux (moins de captation et plus
d’émission) et de relancer un cercle vertueux (moins d’émission et plus de captation).

Le but est de développer des modes de vie et de fonctionnement durables sur le long terme en
respectant les thèmes suivants :
 ECOLOGIE : respect et régénération de l’environnement, lutte contre le réchauffement
climatique
 ECONOMIE : économiquement viable en créer des rendements caloriques et nutritifs supérieurs
à l’agriculture conventionnelle avec des investissements 10 fois inférieurs.
 AUTONOMIE : pas d’intrant énergétique extérieur
Pour ce faire la permaculture utilise les caractéristiques des plantes et des animaux et les combine à
celles du site et des installations afin de créer sur la plus petite surface possible un écosystème cultivé
qui puisse assurer la vie, que ce soit en ville ou à la campagne..

Le spectre d’utilisation de la permaculture n’a aucune limite. Les exemples de part le monde nous montrent que les techniques de la permaculture peuvent s’appliquer du plus petit niveau, celui d’une famille, au plus grand niveau de production commercial ou même provincial ou national comme le montre l’exemple du plateau de Loess en Chine.

Ce plateau chinois de la taille de la France s’était désertifié après des siècles d’agriculture non durable. Aujourd’hui c’est à nouveau une région verdoyante et fertile qui fait vivre les populations locales. Les techniques restent les mêmes, seul la taille de l’exploitation et les nombres de personne y travaillant changent.

LE DESIGN EN PERMACULTURE : UN CONCENTRE D’INFORMATION ET D’IMAGINATION

La permaculture n’a pas besoin de beaucoup d’énergie ou de gros capitaux, mais elle a besoin d’information. En effet, ce n’est pas la taille ou la qualité du site qui déterminent le rendement mais la qualité de la pensée qui s’y applique et des informations qui inspirent sa conception. Non seulement nos ressources physiques sont sollicitées, mais aussi notre aptitude à obtenir de bonnes informations et à nous en servir. Ces informations ce sont les connaissances, l’expérience et les idées des milliers de personnes avant nous.

Il est donc nécessaire d’investir dans la création de sites pouvant permettre l’inspiration du plus grand nombre et dans la formation des personnes qui pourront concevoir des sites permaculturels productifs et économes en énergie.  La révolution permaculturelle est donc avant tout un challenge éducatif !

La permaculture n’a pas besoin de beaucoup d’énergie ou de gros capitaux, mais elle a besoin d’information. En effet, ce n’est pas la taille ou la qualité du site qui déterminent le rendement mais la qualité de la pensée qui s’y applique et des informations qui inspirent sa conception. Non seulement nos ressources physiques sont sollicitées, mais aussi notre aptitude à obtenir de bonnes informations et à nous en servir. Ces informations ce sont les connaissances, l’expérience et les idées des milliers de personnes avant nous.

Il est donc nécessaire d’investir dans la création de sites pouvant permettre l’inspiration du plus grand nombre et dans la formation des personnes qui pourront concevoir des sites permaculturels productifs et économes en énergie.  La révolution permaculturelle est donc avant tout un challenge éducatif !

Les objectifs de développement durable (ODD) sont un appel à l’action de tous les pays – pauvres, riches et à revenu intermédiaire – afin de promouvoir la prospérité tout en protégeant la planète. Ils reconnaissent que mettre fin à la pauvreté doit aller de pair avec des stratégies qui développent la croissance économique et répondent à une série de besoins sociaux, notamment l’éducation, la santé, la protection sociale et les possibilités d’emploi, tout en luttant contre le changement climatique et la protection de l’environnement.

La permaculture en tant que système holistique de développement durable s’inscrit directement dans cette dynamiqueNos projets ont l’ambition de créer des écosystèmes économiques, sociaux et environnementaux qui répondent à un maximum des objectifs de l’ODD.

Ce que nous faisons localement impacte le monde de manière globale. C’est le principe de l’effet papillon.

L’Amazonie brule et le monde s’indigne. Les forêts congolaises, le second poumon de la planète qui abrite 40% des forets perpétuelles d’Afrique, brule 3 fois plus vite en impactant le changement climatique de manière proportionnelle dans l’indifférence générale.

Globalement, l’impact de nos projets vise à lutter contre le réchauffement climatique en réduisant la pression sur les forêts congolaises et en augmentant les capacités d’absorption du pays en dioxyde de carbone par l’agroforesterie et l’augmentation de la couche d’humus dans les sols .

Localement, nous pensons que pour atteindre cet objectif nous devons offrir une raison économique aux populations de préserver et stimuler leurs ressources forestière. En formant un maximum de gens en partenariat avec un maximum d’acteurs locaux nous pouvons stimuler les initiatives de construction de villages et fermes écodurables innovants qui utilisent les énergies renouvelables en stimulant la préservation de la biodiversité. Cela doit permettre le lancement de différentes entreprises et offrir des emplois décents aux populations et réduire ainsi la pauvreté en zone rurales en réduisant les inégalités.

Les forêts nutritives et l’agriculture de régénération en général permettent d’offrir une nutrition de qualité résiliente face au changement climatique. De plus ces technique permettent de mieux capter l’eau tout en restaurant la qualité de cette précieuse ressource. Notre nutrition est notre première médecine. Donner un accès à une nutrition saine dans un environnement sain permet de donner accès à une meilleure santé et bien-être en général.

Enfin il est nécessaire de comprendre que l’océan commence à la rivière et que prendre soin de la terre c’est déjà prendre soin de l’océan.

Prenons pour exemple la problématique de la Virunga
En créant le parc, en 1925, les chefs coutumiers qui ont cédé leurs terres pour la conservation de la
nature, devaient avoir des compensations en faveur de leurs populations. Ce qui fait également objet
des conflits actuellement avec l’avènement d’un protocole d’accord entre la coopérative des Virunga
(COOPEVI) animée par les chefs coutumiers et l’ICCN. Cette convention a été annulée par l’autorité
provinciale sur recommandation des députés provinciaux qui ont fustigé que cet accord ne prenait pas
en compte les besoins réels des populations riveraines du parc.
Aujourd’hui ce conflit d’intérêt s’exprime de manière désastreuse pour la région, aussi bien pour les
populations qui, pour subvenir à ses besoins, rentrent dans le parc pour exploiter ses ressources que pour le parc de la Virunga qui doit constamment lutter pour assurer la conservation de ce sanctuaire
essentiel.
La stratégie du PNVI est la suivante. Grâce à l’existence d’une source d’électricité stable et bon marché
couplée avec un accès au crédit, la transformation locale de la production agricole peut être stimulée,
afin de :
 Créer des emplois hors production agricole et ainsi réduire la pauvreté rurale.
 Développer des réseaux de proximité pour absorber la production agricole et de ce fait réduire la
pauvreté des agriculteurs.
 Promouvoir la conservation des ressources naturelles du PNVi grâce à une réduction de la
nécessité de braconner ou de dépendre d’autres activités illicites telles que la carbonisation ou la
pêche illégale.
 Stabiliser la situation sécuritaire du Nord Kivu à travers une création d’emploi suffisamment
importante pour absorber les membres des groupes armés (des analyses de données d’emplois
créés jusqu’à présent estiment que 5% de ces emplois sont pris par des membres de groupes
armées – qui représente en réalité une sorte de processus volontaire et non-formel de
démobilisation).

Le Permaculture dans la Virunga
Comme le démontre la réalité du terrain la problématique de la conservation est une problématique
économique et éducative. Notre question de départ étant comment créer un système rentable qui
permet de diffuser la connaissance au plus grand nombre.
Notre objectif est de nous inscrire dans la stratégie du PNVI en permettant aux populations locales de :
– Faciliter l’accès à une autonomie alimentaire durable en rendant les techniques de
permaculture disponible au plus grand nombre. ; stimuler une agriculture familiale de
conservation.


-Offrir la possibilité à ces populations de combiner leur récolte avec une production commerciale
à haute valeur ajoutée ; permettre d’obtenir un revenu suffisant et ainsi réduire le risque de
pillage des ressources du parc et l’enrôlement dans les groupes armés.

-Créer une coopérative assurant la transformation de certains produits cibles utilisant la source
d’électricité stable et bon marché du projet PNVI.

-Supprimer le besoin d’engrais et produits phytosanitaire => meilleurs rentabilité pour
l’agriculteur et préservation de la biodiversité en bordure du parc.
Meta Objectifs
Globalement, l’impact de nos projets vise à lutter contre le réchauffement climatique en réduisant la
pression sur les forêts congolaises et en augmentant les capacités d’absorption du pays en dioxyde de
carbone par l’agroforesterie et l’augmentation de la couche d’humus dans les sols tout en offrant un
espace de vie à la biodiversité.
Pour ce faire les techniques de la permaculture doivent pouvoir permettre aux gens de maximiser leur
récolte de manière durable tout en réduisant leur charge de travail.